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La colonie d'Amboise

Jour 1

Dimanche 12 juillet 2015

Les rayons du soleil s'infiltraient dans la chambre, en dessous du volet en bois à l'ancienne. J'ouvris doucement les paupières, avant de cligner des yeux plusieurs fois, totalement réveillée à présent. Mes yeux se tournèrent vers le radio-réveil posé à ma gauche, qui indiquait six heure passée. Tôt pour la plupart des gens, mais j'entendais déjà du bruit en bas, signe que mes grands-parents étaient réveillés. Ça ne m'a pas surpris, mon cher journal. Ils se couchaient à neuf heure au grand maximum, et se levaient donc très tôt.
Je descendis lentement les escaliers, de peur de faire craquer le bois et de réveiller mon petit frère. Ça ne me ressemblait pas, normalement je restais dans mon lit à lire jusqu’à que tout le monde soit réveillé. Mais là, je ne pouvais tout simplement plus rien faire. Car aujourd'hui débutait ma colonie d'informatique.
J'étais impatiente, mon cher journal. Cependant, j'avais peur, aussi. Peur d'être la seule fille, chose qui m'oppressait depuis que j'avais vu que la plupart des photos représentaient des garçons. Peur que mon caractère plutôt timide et réservé m'empêche de me lier aux autres, ce qui m'était souvent arrivée, depuis l'école primaire où j'avais passé quatre ans quasiment seule. Parce que j'avais de bonnes notes, parce que j'avais sauté une classe, les autres me détestaient. C'est triste, mais c'est la vie, et je n'ai pas à me plaindre. Je préfère avoir deux ou trois amis comme moi plutôt qu'une dizaine de pimbêches qui ne m'apprécient pas vraiment. Ainsi, un mélange de crainte et de joie coulait dans mes veines quand je poussais la porte de l'escalier qui mène au salon.

La Renaud scénique bordeaux de ma mère roulait à vivre allure sur l'autoroute. Je me souviens bien de ce trajet, sûrement parce que je pensais à la 207 de mon père. Lundi, mon géniteur irait chercher une nouvelle pendant que je serais en colonie, et je ne reverrais plus sa vieille Peugeot grise sale qu'il avait depuis quelques années déjà.
Du siège à côté du conducteur, j’observai les panneaux. J'avais repéré l’icône d'un restaurant qui indiquait une air d'autoroute quelques centaines de mètres plus loin. Je m'écriais en direction de mon père :
- Là ! La sortie est juste ici.
Il hocha la tête, mis son clignotant et se décala vers la droite, l'air un peu las. Il avait conduit hier pour aller jusqu'à la maison perdue en pleine campagne auvergnate de mes grands parents. Et maintenant, il allait devoir faire un aller-retour de Montluçon à Amboise, avant de repartir demain chez nous. Il devait en avoir marre de conduire.
A l'intérieur du bâtiment, nous avons choisis un fast-food italien, en prenant tout les deux un paquet de pattes au saumon et un panini. J'ai un peu grignoté de ce dernier, mais je me rendis compte que je n'avais pas faim. Je ne pouvais que m'inquiéter, au fur et à mesure que j'approchais d'Amboise, avec toutes ces années où me faire des amies s'était avéré complexe. Et là, si j'étais la seule fille…
Après une petite demi-heure, nous reprîmes la route. Mon père inséra un CD de Francis Cabrel dans le lecteur, puis de Tri Yann. Voilà un autre truc qui fait que certaines filles ne m'aiment pas : quasiment personne de mon âge n'avait mes goûts musicaux. Tu en connais, toi, des filles de presque 13 ans qui détestent Louane et Black M et qui écoutent du Goldman, Balavoine et co? Et bien, maintenant, journal, tu en connais une. C'était débile aussi, je connais des gens qui n'aiment pas les chansons que j'apprécie, mais nous sommes amis tout de même. Mais bon, comme disait mon père, il faut de tout pour faire un monde.
Le GPS intégrée à la scénique indiquait seulement un quart d'heure avant d'arriver sur les lieux de la colonie. L'appréhension me serrait l'estomac de plus en plus. J'imaginai les pires scénarios, dont certains s'étaient déjà produits au collège où ailleurs. 14 minutes… 13 minutes… Le temps semblait s'écouler au compte-gouttes. Les derniers instants sonnaient comme des heures dans mon esprit. Papa me regardait, et je savais qu'il comprenait ce que je pensais. Il comprend toujours ce que je ressens.
Enfin, nous étions arrivés. Mon père gara sa voitures, et descendit ma valise du coffre. Il me la tendis, je la saisis, et nous nous dirigeâmes vers l'entrée. Dans le hall d'accueil, il y avait un animateur et une animatrice qui discutaient. Je me souviens qu'il y avait une colonie de gymnastique au même endroit au même moment. Quand j'étais petite et que je faisais de la GRS, j'avais voulu la faire, une année, avant que mes parents programment autre chose. Mais j'avais arrêté la GRS à cause de la prof, comme beaucoup d'autres filles d'ailleurs, et pour les mêmes raisons. Et me voilà dans une colonie d'informatique… total changement de domaine.
L'animatrice me regarda avec un grand sourire :
- Bonjour ! C'est pour la colo 100 % gym j'imagine ?
- Non, pour l'informatique.
- Ah ! Y avait que deux filles qui la font, j'avais plus de chance avec la gym…

La conversation s'engagea entre l'animateur de ma colo et mon père, mais mon cerveau avait bloqué sur deux filles.
Deux.
Je n'étais pas toute seule !
Apparemment, nous devions aller s'installer dans la chambre avant d'aller au réfectoire. Mon père et moi vidèrent ma valise dans l'armoire, avant de la glisser sous le lit. Je partagerais la chambre avec l'autre fille de l'informatique et peut être une ou deux gymnastes. L'installation fut rapide. Après l’appréhension d'être la seule fille, vint celle de ne pas m'entendre avec l'autre. Je suis vraiment pénible, avec ce genre de chose, tu sais. Toujours obsédée par la peur d'être toute seule. Il y avait une autre fille de la gym, Colombe, arrivée en même temps que moi. Nous engageâmes la conversation au réfectoire, puis on a joué ensemble au baby foot. Aucunes de nous deux n'était vraiment bonne, mais c’était assez drôle. Mon père était parti depuis quelques minutes.
Une animatrice de l'autre colo passa la tête et me dit :
- Lisa, c'est ça ? L'autre fille de ta colo est arrivée ! Je frissonnais, aussi impatiente que anxieuse. Je sortis du foyer, avant de me diriger vers la chambre, la numéro 20. Dans le couloir, il y avait deux filles accompagnées de leurs parents. L'une était blonde et faisait environ ma taille, l'autre était brune et bien plus petite. La plus grande me regarda un peu en coin, l'air un peu gênée, elle aussi. Je les guidais vers la chambre - j'étais tellement stressée que la première fois, je me suis trompée d'endroit! - et leurs parents partirent à leur tour.
L'autre fille commença à déballer ses affaires, trébucha et lâcha :
- Très gracieux…
Je ne pu m'empêcher d'éclater de rire.
- Moi c'est Lisa, et ta petite sœur Lilou, c'est ça ?
J'avais entendue mon interlocutrice l'appeler comme ça dans le couloir. L’intéressée hocha la tête, et sa sœur me répondis :
- C'est ça. Elle fait la colo gym. Moi, c'est Salomée, avec deux e !
Je l'ai aidé à déballer ses affaires. Ensuite, nous nous sommes installées sur les lits -Lilou a pris celui en haut à gauche, Salomée celui en dessous, et moi l'autre couchette du bas- et nous avons parlé de beaucoup de choses. Des cours, de nos classes, de nos moyennes… Salomée était très forte aussi, elle aurait du sauter deux classes, mais ses parents n'avaient pas voulu. Lilou, elle, était plus du style sportif avec toutes ces années de gym, qu'elle pratiquait depuis toute petite. Nous avons aussi parler de nos autres colonies qu'on avait fait pas le passé, de pleins d'autres choses. Je ne pus m'empêcher de remarquer pas mal de points communs. Je la trouvais très sympathique, et Lilou aussi.
Puis nous nous sommes dirigées vers le foyer, avant de démarrer une nouvelle partie de baby foot. Au début, nous n'étions pas beaucoup, puis un flot de personnes déboula dans la pièce. Le train de Paris venait d'arriver. Les animateurs des gym appelèrent les leurs, et je pu observer les membres de notre colo.
Nous étions une bonne trentaine, ce qui ne m'étonnais pas, car j'avais pris la dernière place lors de l'inscription. Comme on nous avait annoncé, Salomée et moi étions les seules filles. Je pense que les garçons nous avaient tout de suite repérées, car plusieurs nous disaient que les gymnastes étaient déjà parties. Pourtant, j'étais loin d'avoir une carrure pour faire ce sport. J'y ressemblais un peu après mes quatre années de GRIS, mais ensuite, j'avais perdu quasiment toute la souplesse que j'avais gagné, et sans être grosse, il était flagrant que je n'étais pas taillée pour ça.

Nos animateurs ne tardèrent pas à nous emmener en dehors de la salle. D'abord, nous avons fait le tour du lycée. Il y avait trois salles informatiques ! Les ordinateurs paraissaient vieux, mais une des trois salles semblait très confortable avec sa table de verre et ses fauteuil tournant rembourrés. Les autres ne me déplaisaient pas non plus. Tout en marchant, je continuais à parler avec Salomée, jetant des coups d'œil en coin à ceux qui m'entouraient. Pour l'instant, comme à chaque début de colonie, des groupes s'étaient formés automatiquement entre ceux qui avaient pris le train - très nombreux - et les autres. Je savais que les connaissances se feraient plus tard.
Ensuite, nous sommes sortis dehors. Nous sommes allés dans un « champs » plein d'herbes plutôt hautes, sans non plus nous arriver à la taille, où nous avons formé un cercle. Un des animateurs se mis au centre. Il commença à expliquer les règles de jeu. Chaque personnes devaient dire son nom en faisait un geste de son choix, puis dire les noms et gestes de ceux qui étaient passés avant. Dés que fut passés cinq ou six personnes, comme pas grand monde n'y arrivait, nous devions au final seulement dire les prénoms des trois personnes avant nous, plus le notre, sans gestes. Un des animateurs avait le même prénom et nom de famille que l'un de notre colonie, Jean-Baptiste. Une fois que le tour de cercle fut finit, l'animateur au centre dit :
- Et moi c'est Kevin ! Maintenant, nous allons jouer à un autre jeu…
Il expliqua les règles du lucky luck des prénoms, que je connaissais déjà. Celui qui était au centre pointait quelqu'un du doigt, qui devait se baisser, et les deux personnes à côté de lui dire le plus rapidement possible le prénom de l'autre. Ensuite, cela différait selon les versions. Parfois, celui qui perd est éliminé. Parfois, il remplace celui du centre. C'est à cette deuxième version que nous allions jouer.
Le coin où j'étais étais rarement choisis, mais quand ça arrivait, je gagnais tout le temps. Pourtant, c'était plus dure pour Salomée, moi et Laurine – la seule animatrice - car avec seulement trois filles, les prénoms étaient plus faciles à retenir vu que nous étions très peu nombreuses. Tu vas sûrement en rire, mais certains garçons réussissaient à nous confondre… Y en a qui sont vraiment pas très ressemblance, du moins physique, s'arrêtait là. Déjà, les siens étaient plus clair, bien blond, et ondulaient légèrement, alors que les miens viraient presque sur le châtain clair et étaient aussi lisse que des cheveux pouvaient l'être. Nos visages étaient très différents, ses lèvres étaient fines alors que les miennes étaient plus grosses, nous n'avions pas la même couleur de yeux et nos carrures étaient également différentes. Bref, difficile de nous confondre. Si il y avait eu d'autre fille, personne ne l'aurait fait.
Salomée changea plusieurs fois de place, mais pas moi. Je n'étais pas spécialement forte à ce jeu, mais je devais rarement agir, ça devait être pour ça. Il faut avouer que j'étais perdue au milieu de tout ces prénoms de garçons, et si les personnes à côté de moi avaient été choisis plus souvent, j'aurais sûrement finit par bouger. Mais je n'eut pas à le faire.
Les animateurs participaient également au jeu. Un seul n'avait pas le tee-shirt Telligo, Lucas. Je pense qu'il faisait exprès de toujours se faire avoir, j'en suis même sûre. A part lui, les autres se prêtaient au jeu. En plus de Kevin, Laurine, Lucas et Jean-Baptiste - qui était souvent appelé JB - il y avait Thomas, le même prénom que mon grand frère.
Après le Lucky Luck, nous avons formés des groupes de cinq ou six avec un animateur chacun pour jouer à autre chose. Salomée et moi sommes tombé avec JB et d'autres garçons. Le principe consistait à énoncer trois vérités sur soi, dont une qui était fausse. Les autres devaient trouver laquelle était fausse.
Quelques tours passèrent, puis vient le mien. J'y avais beaucoup réfléchit, et je finis par énoncer clairement :
- J'ai déjà fait un peu de Java, ma mère est prof et j'ai vu une comédie musicale à Brodway.
Mon regard croisa celui de Salomée, qui savait que ma mère était informaticienne. J'ai essayé de lui faire comprendre de ne rien dire, mais je ne suis pas sûre qu'elle ai compris, à moi qu'elle ai oublié. En tout cas, les autres se trompèrent en disant que la fausse était celle de la comédie musicale, ce qui était vrai. Il faut avouer que ça semblait invraisemblable, mais la palme du truc le plus fou revenait à JB, qui avait déjà roulé en limousine à Las Vegas. D'après lui, les limousines-taxi coûtait le même prix que les taxis normaux : le choix est vite fait.

Ensuite, nous sommes rentrés au lycée viticole. Les animateurs nous ont dirigé vers le réfectoire, où on pourrait goûter. Après un ou deux instants d'hésitations, Salomée et moi sommes allés nous asseoir l'une à côté de l'autre, en bout de table. Les garçons se mettaient ailleurs. S'inclure parmi eux serait peut être complexe, et nous nous sommes mal vu de s'incruster à côté avec un grand « Salut ! » ce qui serait légèrement bizarre.
Nous avons continué à discuter. La peur de ne pas m'entendre avec elle avait à présent totalement disparu. En vérité, je lui parlais bien plus facilement qu'à un bon nombre des mes amis de longue date. Était-ce parce qu'elle était comme moi, passionnée par l'informatique, aimant les math en haut niveau et tout ce qui était compliqué ? Elle me ressemblait sur tellement de domaine… Je faillis lui demander quelles musiques elle écoutait, mais je ne voulais pas risquer de tout gâcher. C'était vraiment idiot, mais certaines personnes te jetaient seulement pour ça. Je ne pense pas que ce soit son genre, mais je ne voulais pas prendre de risque. Je sais, je suis vraiment ridicule parfois…
Ensuite, nous sommes allées dans une des salles d'activité. Les bureaux étaient regroupés par quatre, et nous devions nous mettre par quatre aussi. Un peu exclues, nous finîmes par aller avec un autre groupe de deux.
Là, on nous donna des feuilles et feutres, et nous devions réfléchir à des règles de vies, ainsi que des règles pour la salle informatique. Un deux garçons qui étaient avec nous commença par dire :
- Il ne faut pas balancer de virus sur les ordinateurs.
Je levai les yeux au ciel. Ah oui ? Franchement, ça m'étonne beaucoup, journal, qu'on ne puisse infecter les ordis ! Le garçon insistait toujours. Lucas finit par lui dire que le genre de virus dont il parlait était déjà trop dur à télécharger pour lui, surtout avec la magnifique connexion locale. C'était plutôt marrant...
Salomée paraissait un peu différente. C'était comme si elle avait pété un câble. Je me souviens qu'elle m'avais dit qu'elle était claustrophobe, et qu'au bout d'un moment, soit elle devenait folle soit elle faisait une crise d'angoisse. Elle avait beaucoup de phobies, comme celles du vide et des araignées.
Au final, après un certains laps de temps, nous n'avions que quelques règles, mais nous avions bien rigolé. Les animateurs nous ont annoncé qu'on avait temps libre jusqu'au dîner, à 19h. Je songeais que mes parents auraient trouvé ça tôt, mais que c'était exactement l'heure où dînaient mes grands parents d’Auvergne, où j'avais passé la semaine d'avant. Au moins, je ne serais pas totalement dépaysée pour les heurs de repas…
Une fois le moment arrivé, nous sommes allées manger. C'était un self service, comme au collège - d'un autre côté, nous étions dans un lycée. Cependant, les plats étaient préparés maison, et ça se sentait dans le goût. La nourriture était bien meilleure que celle de la cantine de mon bahut, où seul les plats assez gras où salés, le genre dont on préfère ne pas savoir la composition, étaient passables. Excepté ceux qui étaient fades ou sans aucuns goûts.
Cette fois, nous nous sommes installées l'une en face de l'autre, à une autre table, tout à gauche. Comme la dernière fois, personne ne vint, et nous avons dîné toutes seules. J'ai cherché Lilou du regard, mais elle était avec ses amis de la gym, ce qui valait mieux pour elle. Ainsi, nous avons continué de parler en mangeant. Rapidement, je me suis confiée à elle bien plus qu'à n'importe qui. Après le dîner, nous avons fait la veillée « pyramide ». Le principe était de grimper les rangs de la pyramide en défiant par des jeux ceux qui étaient au rang directement au dessus de nous. Par exemple, il y avait le défi du ping-pong - malgré ma nullité totale à ce jeu, j'ai gagné toutes mes parties - celui des feutres, oùprendre le dernier équivaut à la défaite, celui du puissance 4...
Étant partie de la première ligne (en partant du bas), j'ai finit à la quatrième, ce qui n'est pas un mauvais résultat.
Après, nous sommes allés nous coucher. Tant qu'on ne fait plus de bruit à partir de 23h, nous pouvions dormir à n'importe quelle heure. J'ai lu jusqu'à minuit environ, avant d'éteindre et de m'endormir. Demain, c'était grasse matinée, on pouvait se lever de 8h à 10h.

Jour 2

Lundi 13 juillet 2015

Je me réveillais sans qu'aucuns rêves ne soient venus troubler ma nuit. Mon portable indiquait 6h40 environ. Salomée et Lilou n'étaient pas réveillées. Je me souvenais, cher journal, que Lilou m'avait demandé de la réveiller à 7h pour rejoindre ses amies. Ainsi j'attendis dans mon lit, puis à 6h55, je la secouais doucement.
- Eh… Lilou. Il est 7h, on se lève.
Elle remua, émit un grognement et se redressa. Salomée se réveilla également à ce moment là. Lilou sorti rapidement de son lit et dit :
- Je vais les voir…
Et elle est partit.
Sa grande sœur remua et se redressa.
Nous restâmes au lit un petite peu. Entre temps, Lilou était revenue dans la chambre, car elle avait trouvé ses amies endormies. Elle avait hésité à les réveiller, mais voulais les laisser se reposer de peur qu'elles soient trop fatiguées pour la gym. Ainsi, nous avons lu en parlant un peu.
A 8h, nous nous sommes habillées et préparées avant d'aller prendre le petit déjeuner, que nous avons mangé toutes les trois. La plupart des autres n'étaient pas réveillés, ainsi nous étions presque seules, excepté quelques garçons dont je n'avais pas encore retenu les prénoms.
Nous sommes allées au foyer en attendant que 10h vienne.

Environ deux heures plus tard, les animateurs nous avaient réunis dans la salle d'activité. Assises côte à côté, nous les regardions mettre en place le diaporama pour expliquer les différentes choses que nous allions faire. A présent, tout le monde était réveillé, et attendait avec impatiente et plus où moins de bavardages que les présentations commencent. Après quelques minutes d'attente, JB fut le premier à prendre la parole, en expliquant qu'il prendrait le C++. J'avais entendu parler de ce langage, mais je ne l'avais jamais pratiqué. Je savais juste que c'était un des plus connus dans le domaine. Il parla du projet : Inventer des personnages avec différents paramètres qui combattraient ensemble, projet qui semblait en enthousiasmer beaucoup.
Ensuite, Laurine vient parler du Java. Tu sais sûrement, mon cher journal, que je l'avais déjà étudié un petit peu avec ma mère, même si beaucoup de notions de base m'échappaient encore. C'était une des choses que j'avais le plus envie de bosser, donc je prêtais une oreille très attentive à ses explication. Elle parlait elle de programmer un master mind. J'avais de vagues idées de comment m'y prendre, mais ma pratique du Java était encore trop éloignée, car ces temps-ci, je faisais plutôt du Python. Je n'ai jamais vraiment été passionnée par le livre qui m'expliquait comment m'y prendre, ce qui faisait que j'avais un peu lâcher la programmation ces temps-ci. Mais j'aimerais bien refaire du Java, et sérieusement cette fois.
Puis il y eut Lucas et Thomas qui parlèrent du HTML/CSS, que je connaissais beaucoup mieux, voir assez bien. Je savais que je maîtrisais les bases, et cela m'intéressait de pousser mes connaissances. Le projet, sans surprise, consistait à créer un site internet, quasiment une des seules choses que puisse faire le HTML et le CSS. Ça, je ne l'avais jamais fait, car je pratiquais sur des forums. Peut être qu'il y avait certaines différences. J'avais bien envie d'essayer. De plus, il y avait tellement de propriétés et de possibilités que j'ignorais... Je savais que pratiquer dans un cadre différent m'apprendrais beaucoup.
Enfin vient Kevin, qui présentait le RPG Maker. Le nom étant assez explicite, (Faire du Rôle Player Games) et le logiciel assez connu, je me doutais de ce que nous ferions dans cette catégorie. En effet, il permettait de créer et de faire vivre des personnages d'une manière largement inspirée de Pokemon. Déjà, les plans et les graphismes rappelaient les anciennes version du jeu, celles qui étaient en 2D. De plus, les fenêtres où les personnages parlaient me rappelaient Donjon Mystère. Kevin, pour l'exemple, avait conçu un programme simple (la vie d'une boule de feu) qui montrait les possibilités du logiciel. C'était intéressant, mais je préfère la programmation et tout ce qui touche de près ou de loin au codage.
Quand ce fut finit, ils nous amenèrent dans une autre pièce, à côté. Là, plusieurs affiches présentant le nom d'une activité avec une liste dessous où on pouvait mettre de noms, ainsi qu'une table avec des feutres nous attendaient. Les animateurs nous avaient expliqués qu'il y aurait deux créneaux, et nous choisissons dans chaque créneau l'activité qui nous plairait le plus, dans la limite des places disponibles bien sûr. La deuxième semaine, nous pourrions changer d'activités. Le premier créneau comportait un choix entre Java, C++ et RPG Maker. Dans le deuxième, on pouvait choisir entre HTML et une nouvelle fois RPG Maker.
Avec Salomée, nous avons décidé de prendre Java en premier créneau, puis HTML en deuxième. Du moins, je lui ai proposé, et elle n'avait pas d'avis spécifiques. Ou alors elle était d'accord avec moi, qui peut savoir ? Bref, nous avons choisis Java en premier, puis HTML. Les places de RPG Maker furent elles rapidement toutes remplies. Apparemment, cette colo avait attiré plus de geek des jeux vidéos que de futurs programmateurs, ce qui étaient logique vu que le monde devait comprendre beaucoup plus de cette première catégorie que de la deuxième.
Ensuite, ils distribuèrent des clefs USB. C'était le même modèle que celles du collège – un modèle très répandu qu'on trouvait de partout – avec seulement le logo de Telligo dessus. Ma mère m'en avait donné une, mais je pouvais utiliser celle-là à la place.

Après ça, nous sommes allées prendre le repas de midi. Nous nous sommes mises à nouveau face à face, à un bout de table qui était toujours libre. Cette fois, Lilou est venue s’asseoir à côté de nous.
- Les filles ne veulent plus me parler. Je crois qu'elle boudent parce que je ne les ai pas réveillées ce matin.
Nous avons essayé de la consoler, en lui disant que si elles étaient en colère contre elle seulement pour ça c'est qu'elles ne valaient pas la peine, qu'il y avait d'autres filles à fréquenter. Mais elle était toujours triste, et je la comprenais. La pauvre ! Elle était tombée sur les pires idiotes du monde. Je n'aimerais pas être à sa place. On n'avait beau être seulement deux filles, au moins, on n'avait pas de problèmes de « clans » et on s'entendait bien. Maintenant, il lui faudrait s'intégrer dans une nouvelle bande comportant des gens qui avaient déjà fait connaissance. Plutôt dure. Moi aussi j'avais du mal à m'intégrer, et je comprenais bien ce qu'elle ressentais.

Après avoir mangées, nous sommes allées chercher nos affaires : nos clefs USB et un cahier où nous pouvons marquer certaines choses. Ensuite, nous avons attendu sur un banc que les autres arrivent. Note à toi et à tous ceux qui disent que les filles se préparent lentement : nous étions les premières, et avons attendu au moins un quart d'heure pour que les autres reviennent, et une demi-heure avant que tout le monde soit prêt. Donc aucuns commentaires sur notre prétendue lenteur de préparation, regardez vous avant de commenter.
Une fois que tout le monde fut présent, les animateurs appelèrent les groupes qui partirent chacun leur tour. Nous sommes venus en derniers. Laurine nous a entraîné vers la deuxième salle info, la plus petite. Au bout de quelques minutes, je me suis rendue compte que les chaises grinçaient, ça me rendait à moité folle ! Nous nous sommes assis aux ordis, et nous avons démarré le logiciel qui permet de programmer en Java installé sur les ordinateurs : Jeanny. Cependant, il n'y avait pas encore JDK (Java Development Kit, sans lui on ne peut pas développer en Java) et nous ne pouvions pas compiler notre programme. Ainsi, c'était Laurine qui nous disait si on avait juste ou pas.
Au début, elle a réexpliquer le fonctionnement et les bases. Je les connaissais déjà, mais un peu de révision ne fait jamais de mal à personne, n'est-ce pas ? Ensuite, elle nous a demandé d'écrire un programme où l'utilisateur entrerait son âge, et l'ordinateur lui disait si il était majeur ou mineur. C'était assez simple quand on connaissait, et après avoir réussit, j'ai rajouté certaines réactions simples. Par exemple, si l’utilisateur donnait un nombre négatif, l'ordinateur lui répondait « C'est une blague ? » . En même temps, je donnais des conseils à Salomée, qui elle débutait en programmation. Autour de moi, on reconnaissait ceux qui connaissaient quelques trucs de ceux qui ignoraient tout - les plus nombreux - de ce qu'ils avaient écris.
Au bout d'un certain temps (une heure, peut être plus) Thomas entra brusquement dans la pièce, en costume militaire et en criant :
-Debout ! Au garde à vous !
Laurine, qui devait être pourtant dans le secret, fut si surprise qu'elle faillit tomber de sa chaise.

Quelques minutes plus tard, nous étions dans le couloir, à attendre en discutant. Thomas faisait faire des pompes à certains garçons, ainsi que des abdominaux, en attendant l’arrivée de tout le monde. Une fois que ce fut le cas, il pris la parole :
- Mais vous êtes fous ? C'est la guerre dehors ! Vous n'entendez pas les bombes ?
Il y eut quelques rires, qui s'éteignirent après un regard noir de l'intéressé. Sans doutes que ceux qui avaient ri ne tenaient pas spécialement à devoir faire une dizaine de pompes supplémentaires, et tout le monde était impatient de voir la suite.
Nous sommes allés dehors, et les animateurs nous séparèrent en deux groupes. Sans surprise, j'ai été séparé de Salomée, car étant les deux seules filles, la répartition filles/garçons nous y obligeait. Ensuite, nous sommes allées en deux groupes bien séparés vers un vaste terrain. Chacun des groupes s'est mis à un bout. Nous étions avec Thomas et Jean-Baptiste comme animateurs.

Tout de suite, Thomas (qu'on surnommait Capichef pour son costume militaire) nous a expliqué le principe du jeu. Cela ressemblait à la bataille navale, avec des engins terrestres. Sinon, le principe était le même. Il fallait toucher les vaisseaux ennemis en donnant une case, et ils nous disaient si on avait bon ou tort. Cependant, il y avait une différence : pour donner la case, il fallait prendre le papier qui y correspondait et courir le donner dans le camps adverse. Mais nos « ennemis » devaient nous toucher et nous renvoyer dans notre camps, en prenant le papier au passage qui devenait inutilisable. Pour pouvoir donner une case, il fallait toucher un des animateurs de chaque groupe, Thomas pour nous, Lucas pour les autres.
Il faut reconnaître qu'on a pas été très bon. Personne n'osait attaquer, tout le monde était en défense. Mais ce n'était pas trop grave, on s'est bien amusé quand même, surtout quand Capichef est sorti du camps pour aller courir vers le leur. C'était drôle, dommage que Lucas n'ai pas fait pareil. Pendant le jeux, quelques vrais hélicoptères en manœuvre nous ont survolés. Thomas s'est jeté à terre en hurlant de nous couvrir car nous risquions d'être bombardés…
Au final, nous avons perdu (Logique, d'un autre côté. Il ne fallait pas être idiot pour voir qu'on avait mal joué) mais comme je te l'ai dis plus haut, c'était plutôt marrant.

Après on est allé goûter, puis c'était temps libre. Nous sommes restées à la chambre, fatiguées. Nous avons parlé un peu en lisant, moi mes livres de Cherub (ma série en cours) et elle un roman policier et à suspense qui s'appelle Psycho. Plus le temps passait, et plus je lui confiais des choses que même certains vieils amis ignoraient, et je ne sais pas pourquoi. Il y avait comme un courant entre nous, quelque chose qui me donnait envie de lui parler, de tout lui dire. Je pense que c'est parce que je n'avais encore jamais croisé personnes qui me ressemblais autant. C'était assez troublant.

Après le dîner et s'être brossées les dents, nous sommes restées au foyer, à jouer au baby-foot. Notre intégration était en progrès conséquent : un autre garçon, Tristan, était venu nous regarder un petit peu. Je me souviens qu'il avait disputé de nombreuses parties contre Salomée à la veillée pyramide, c'était sans doute pour ça.
Bientôt, ce fut l'heure de la veillée. Nous avons attendu dans le couloir, puis JB est venu, déguisé en chevalier. Il nous a entraîné dans la salle à manger (que nous n'utilisons pas pour manger, en faites, mais la cantine elle même) et trois groupes se sont formés. On a rapidement compris que c'était la veillée loup-garou, mais calqué sur des univers différend. Le premier groupe, celui de JB, avait pour base le Seigneur des Anneaux. Celui de Thomas était Skyrim, et le notre était avec Kevin dans l'univers d'Harry Potter. Kevin, le maître du jeu, jouait le régulateur du ministère de la magie -fan de Dolores Ombrage, en passant, ce qui est dommage, cette femme ne sert à rien - qui traquait les moldus et les détraqueurs infiltrés dans Poudlard. Alors que les moldus n'étaient que de pauvres innocents qu'on voulait tuer quand même, les détraqueurs tuaient une personne chaque nuit. Il y avait un directeur, qu'on élisait, un maître de la pensine (le voyant) et Hagrid (le chasseur, celui sur qui j'étais tombé) en plus des simples sorciers. Quand on mourrait dans le jeu, Lucas, qui avançait d'un air bizarre et un peu flippant nous prenait par le bras et nous emmenait dans un autre « monde ». Salomée a eut le temps de faire les trois, mais moi, je suis restée pendant presque l'intégralité du jeu. Tout à la fin, j'ai été tué au dernier tour - parce que j'étais directrice je pense - en étant la seule à être restée tout le long. Du coup, Kevin en a profité pour tuer tout le monde au lieu d'une personne. Le jeu à rapidement tourné au bordel, les gens ne comprenant pas les règles où se dévoilant - du coup il les tuait à chaque fois. Mais c'était assez amusant.

Le soir, après un rapide SMS à mes parents, je me suis endormie comme une souche, impatiente d'être à demain matin.

Jour 3

Mardi 14 juillet 2015

Ce matin, le jeu d'échecs est sortie.
Tu sais, mon journal, que je joue aux échecs depuis l'âge de quatre ans et demi. Je me suis inscrite en club à 5 ans, le même que celui de mon frère. Le jour où j'ai commencé, on me l'a raconté cinquante fois. C'était pendant les championnats de France, où mon grand frère qualifié au repêchage (plusieurs qualifiers normaux ne l'ont pas fait) et où j'étais la seule enfant à ne pas jouer. Le président avait loué un château - oui, un château, rien que ça - pour touts les joueurs du club. Du coup, j'ai passé une semaine à m'y occuper, le plus souvent seule parce que les « grands » étaient en pleine partie.
Du coup, dés qu'ils rentraient, ils analysaient leur match pour voir ce qui allait et ce qui n'allait pas. Impatiente d'avoir d'autres enfants avec moi, je les regardais faire, et ils jouaient tous le même début de partie avec les noirs, qui s'appelle la pirk. A force d'observer, j'ai retenue la suite, avant de la jouer devant les autres, alors même que j'ignorais leur signification.
Ainsi, j'ai appris à jouer en regardant les autres. Ça semblait impressionnant, mais en faites, ça ne l'était pas tant que ça. On peut tout faire quand on s'ennuie.
Bref, je n'avais pas joué de tournois depuis un petit bout de temps, car j'avais eu besoin de faire une pause dans mon planning après un mois de mars de folie (au niveau échiquéen). Du coup, quand l'échiquier est sortie, j'ai pas mal traîné dans les environs. Comme je joue en compétition depuis longtemps, je gagnais. Et comme je gagnais, les autres voulaient remporter une victoire contre moi. Laurine a même dis en plaisantant « Ça va être le défi de la colo : battre Lisa aux échecs ». Je me mettais en danger, souvent. Je partais avec des handicapes et je les laissais parfois reprendre leurs coups. Mais je n'ai jamais perdu.

Après le petit-déjeuné, nous sommes allés en java. Cette fois, JDK était installé de partout, et nous avons pu compiler nos programmes. Laurine a pris nos clef USB pour le mettre aussi dessus. Ce jour là, nous avons pris la première salle d'informatique, celle qui est éloignée des deux autres. Salomée et moi nous nous sommes installées à des ordinateurs vers le fond, d'où on n'a jamais bougé. Elle était à ma droite, en bout de table. A ma gauche, il y avait un garçon, Yaël. Il semblait bien connaître le langage, mais présentait à mon goût très mal ses programmes. Il essayait de faire dans la rapidité, en sacrifiant l’esthétique et le côté pratique. Ma mère, développeuse, m'avait appris qu'il fallait toujours soigner la présentation et faire en sorte que les modifications soient simples, car quand le programme prenait de l'ampleur (des milliers de lignes) il fallait s'y retrouver facilement. Ainsi je respectais scrupuleusement les marges et les sauts de lignes pour pouvoir me repérer aisément. Cependant, il savait aussi pleins de trucs, et j'ai quand même progressé grâce à lui. Aujourd'hui, nous avons fait des questionnaires. On demandait des choses à l'utilisateur, et on variait les réponses/questions selon ce qu'il inscrivait. C'était plutôt simple, mais en programmant, je me suis rendue compte que j'avais oublié beaucoup de choses et de réflexes. Je faisais de nombreuses fautes, que je corrigeais rapidement, mais il fallait que j'y réfléchisse alors que quand j'ai commencé je trouvais la réponse directement. Au fond, j'avais vraiment besoin de révisions. De plus, impossible de me rappeler comment analyser une variable - «string» - de texte... Heureusement que Lucas était passé par là, et m'a rappeler la propriété. Parfois, j'ai une bonne mémoire, mais parfois, il n'y a rien à faire : Je suis une vraie passoire ! C'est, je l'avoue, assez désespérant, surtout quand j'arrive à super bien mémoriser des choses totalement inutiles et que je suis incapable de me rappeler de mes cours… bref, ce n'est pas le sujet.
Je rajoutais des questions totalement débiles, mais ça me permettait de reprendre mes vieilles habitudes et de maîtriser à nouveaux ces propriétés qui sont plutôt simples. Aussi, je m'habituais à Jeanny, alors que je programmais d'habitude avec Eclipse. Bref, ça avait beaucoup de bon.
A côté de moi, Yaël tentait du plus complexe avec Lucas. Il faisait des recherches sur Le Site du Zéro et essayait de mettre au point des codes plus développés. Il était plus fort que moi, largement.
Ensuite, il fut l'heure d'aller en HTML, notre première séance. C'était Lucas et Thomas qui seraient avec nous. Ils nous ont demandé de laisser nos affaires dans la salle où on était et nous sommes allés dans une des salles de classes, où ils ont passé un diaporama sur le principe du HTML/CSS. Il y avait aussi le code de base de tout site internet qui se respecte, que je connaissais seulement de vue, sans jamais l'avoir utilisé. Je ne connaissais, comme je te l'ai dis plus haut, que le codage sur des forums et donc une plate-forme spécifique. Il y avait également quelques propriétés affichées, ainsi que des types de balises, que je connaissais toutes cette fois.
Après, nous sommes allés sur les ordis, où nous avons ouvert notepad ++. J'avais entendu parler de ce logiciel, même si j'utilisais habituellement le bloque-note - la base de chez base - et je n'avais pas l'habitude de me servir de quelque chose de plus sophistiqué, même si au fond il n'y avait pas vraiment de différences, à part quelques couleurs ainsi que la possibilité de régler l'encodage sans avoir besoin d'utiliser la propriété. Bien sûr, il y avait sûrement des options possibles, mais je n'ai jamais poussé à bout le logiciel. Ce qui m'importait, c'était le code que j'étais en train de taper. J'ai remarqué que je semblais être la seule qui s'y connaissait déjà. Du coup, je ne suis pas partie dans le CSS, pour les attendre, et j'ai commencé le contenu de mon site. Pour m'amuser, je voulais le faire sur les chansons de Disney : je mettais les paroles en anglais, puis la traduction français directe. Cependant, je suis vite partie sur le Roi Lion, mon préféré et de très loin. Je pense qu'au final, je vais le faire sur ce dessin animé en général. Je l'aime beaucoup, et même si c'est censé être un truc pour les « petits », moi je l'adorais toujours.
Ainsi est passé une ou deux heures avant que le créneau ne se termine. Nous sommes allées manger, avant d'aller au foyer.
Un peu plus tard, les activités de l'après-midi ont commencé. Les animateurs nous ont demandé de nous réunir en quatre groupes. Il y aurait quatre activités et nous tournerons pour pouvoir toutes les faires. Lucas a été le premier à nous prendre, pour l'activité informatique : on devait travailler sur nos projets que ce soit en HTML, Java, C++ ou RPG Maker.
Salomée et moi nous nous sommes installées aux mêmes ordis que ce matin - on ne change pas une équipe qui gagne, comme dirait l'autre - et nous avons continué à travailler. Actuellement, nous étions plus en train de chercher des donners, pas trop d'améliorer l'apparence, ce qui se ferait plutôt en CSS. Comme on était beaucoup moins, Lucas pouvait passer plus de temps avec chacun de nous, et il m'a donné quelques conseils pour l'organisation. J'avais hâte de pouvoir passer aux choses sérieuses.

Après un certains temps, environ quarante minutes je pense, nous sommes allées avec Thomas, pour une activité sur l'ordinateur. Déjà, nous avons regardé un diaporama sur l'histoire de l'ordinateur. J'avais déjà lu quelque chose sur le premier d'entre eux, et je savais qu'il pesait plusieurs tonnes, remplissait un grand hangar facilement, voir deux, et qu'il était d'une puissance… ridicule. Cependant, ça restait le premier, et c'était une grande découverte à l'époque. Sur la suite, j'ignorais tout ou presque. Il a fallut passer beaucoup de prototype pour enfin que les premiers PC apparaissent, et étaient peu fiable et très chère. A l'époque, les ordinateurs fonctionnaient avec des bandes de papiers pour communiquer. Ça ne devait pas être très pratique… Mais quand cela avait été créé, ça devait être juste incroyable pour ceux qui l'utilisaient, cette machine qui réfléchissait et répondait aux questions. C'était… inédit. Magique. Tout ces choses qui aujourd'hui nous paraissent ordinaires n'existaient peut être pas à l'époque, où alors ce n'étaient que des prototypes qui faisaient simplement rêver les gens, sans qu'ils aient la moindre chance de l'utiliser un jour, ni le moindre espoir de le faire, d'ailleurs.
Le diaporama s'est achevé sur le premier superordinateur, puis Thomas a mis une unité centrale sur la table avant de l'ouvrir. Il nous a présenté les principaux éléments qu'il contenait : le processeur, la carte graphique, les lecteurs de CD, de clef USB… Mais ce qu'il y avait en plus grand nombre et en plus gros volume, c'était les ventilateurs. Il y en avait un peu de partout, sur tout ce qui chauffaient beaucoup, ainsi que deux ou trois destinés à refroidir l'ensemble. C'était indiscutablement ce qui prenait le plus de place, et même si ils ne participaient pas directement au fonctionnement de l'ordinateur, ils étaient indispensables : sans eux, il y aurait eu surchauffe, et tout aurait été foutu.

Après, ce fut Laurine et JB qui nous prirent. Ils nous emmenèrent dehors, pour des activités « jeux ». Le premier était un Twister : il fallait maintenir plusieurs papiers sans les faire tomber, le tout avec des membres particuliers. Par exemple, si sur un papier il y avait marqué coude droit et coude gauche, deux personnes devaient « bloquer » le papier avec pour l'un le coude droit et l'autre le coude gauche. Nous étions en cercles, et il fallait faire tenir touts les papiers en même temps. Rapidement, nous devions tendre nos coudes, genoux, têtes… Nous ne ressemblions en faites plus à grand-chose à la fin, et les animateurs nous ont pris en photo. C'était assez complexe, et si j'avais dû tenir comme ça quelques minutes de plus, je n'étais pas sûr de pouvoir maintenir le rythme, avec en tout une dizaine de papiers à tenir avec une personne à droite et une personne à gauche. D'un autre côté, je n'étais pas forcément la pire… il y en avait qui avait jusqu'à quinze ou seize papiers à des endroits assez complexes.
Ensuite, nous avons joué aux mimes. Divisés en deux équipes, nous dévions mimer un mot à la notre, la première équipe à comprendre gagne. Je pense que le moment le plus drôle du jeux fut quand Salomée dut faire deviner le mot « escargot ». Elle s'est mis à ramper par terre en mettant les doigt sur sa tête pour faire des antennes ! C'est moi qui ai finit par deviner, mais on a bien rigolé.
Laurine et JB nous ont dit que le plus dur était de faire comprendre « C++ ». Pendant que nos adversaires s'embêtaient à faire quelqu'un devant un ordinateur, moi, j'ai dessiner la lettre C et les deux + dans le vide avec mes doigts, et ça à plutôt bien marché. Au final, c'est notre équipe qui a remporté la partie, largement d'ailleurs. Nous avons trouvé presque touts les mots.
Enfin, nous avons fait le dernier jeu, celui… je ne connais pas son nom. En gros, deux personnes accompagnées par un des animateurs partent découvrir une nouvelle planète. Ses habitants (les autres) parlent une autre langue. Du moins, c'est la française, mais ils ont une espèce de « code » que les étrangers doivent deviner, sous peine de ne pas pouvoir s'intégrer, d'être condamner à la solitude et de mourir dans d'atroces souffrances. Ce dernier point est peut être un peu exagéré, mais au moins ça motive.
D'abord, deux garçons se sont éloignés avec JB. Nous avons mis en place notre « langage », plutôt simple : pour que nos paroles soient valides, il fallait nous gratter pendant qu'on parlait, peut importe où. Comme il y avait beaucoup de moustiques, cela serait simple de faire passer ça pour une simple démangeaison à cause des piqûres.
En effet, cela marcha très bien au début. Parfois, ils se grattaient, et nous engagions la conversation. Quand ils ne le faisaient pas, et bien nous faisions mine de ne pas comprendre. Au bout de quelques minutes, ils ont finit par trouver le fonctionnement.
Puis après, Laurine, Salomée et moi - les trois seules filles, entre autres - sommes parties plus loin. Quand nous sommes revenues, Guillaume s'est exclamé :
-Bonjouru !
J'ai haussé les sourcils. Simplement rajouter une voyelle à la fin ?
- Saluta ! Comment ça vao ?
Ils ont fait comme si ils ne comprenaient pas ce que je voulais dire.
Après réflexion, nous nous sommes demandées si ils choisissaient leurs voyelles selon des règles précises. Cependant, rien ne venait. On a eut beau essayé…
Au final, c'était exactement ce qu'on pensait au début, c'est à dire qu'il rajoutais juste une voyelle au plus grand des hasard. C'était juste qu'ils « voulaient vérifieré si on avait bien compris ». Pfff ! Tu sais, journal, y a certaines personnes qui sont vraiment mauvais joueurs. Ils ne voulaient juste pas assumer qu'ils avaient choisi quelque chose de trop facile et essayaient de corser le truc.

Enfin, ce fut le dernier atelier, l'atelier rubis cube avec Kevin. Je n'avais jamais réussit le casse-tête, mais c'était presque impossible sans connaître les solutions, à moins d'être vraiment très chanceux. Ils faut aussi dire que je n'avais quasiment jamais essayé. Je n'en avais pas chez moi, et le seul endroit où j'en avais manipulé un, c'était à un tournoi d'échecs. Il y avait une salle d'analyse à côté, avec quelques jeux pour les enfants, dont justement un rubis cube. Ainsi, après mes parties, j'y jouais un petit peu, sans plus.
Kevin nous a montré comment faire une face, mais nous n'avons pas eu le temps de faire plus à vrai dire. Il a montré quelques solutions à certains qui avaient déjà avancé, mais globalement, on a pas eu le temps de finir. Mais ce n'était pas grave. Je n'étais honnêtement pas fan de ce genre de truc, trop régulier, trop… prévisible ? On avait aucuns choix, il fallait juste prendre une voie ou une autre pour terminer au même résultat à chaque fois, et je n'aime pas ça. J'aime devoir faire les choses, trouver mes propres plans, choisir mon chemin. C'est pour ça que je jouais aux échecs, c'est pour ça que je jouais de la musique, c'est pour ça que je développais. Je ne voulais pas me contenter de suivre éternellement les sentiers battus. Bien sûr, parfois je le faisais, comme tous, quand il le fallait, et parce que parfois ça peut être amusant. Mais le rubis cube… Inutile. Une grosse perte de temps.
Après le goûter, nous avons décidé d'aller en salle informatique en temps libre.
Nous nous sommes installées dans la salle où nous avions fait du java, la première fois, celle aux chaises grinçantes. Nous avons dû attendre un peu pour avoir des places, mais ce fut rapidement chose faite, et nous avons pu continuer notre projet en HTML. Salomée a continué un petit peu ses chansons, et moi j'ai continué à rassembler des informations. J'en ai également profité pour envoyer un e-mail tout propre et bien rédigé à mes parents… demain j'essayerais de les appeler.

Lilou nous avait parlé toute la journée du feu d'artifice, qu'elle allait peut être regarder avec les filles de sa colos. Au final, leur colonie comportant des filles trop jeunes, elles n'y sont pas allées. Mais nous, on va le faire, à l’exception de deux gymnastes qui nous accompagneront.
J'étais très impatiente. J'adorais les feux d'artifices, et leurs couleurs qui illuminaient le ciel nocturne. C'était tellement… magnifique. Magique. Cela faisait peut être un peu « gamin », comme remarque, mais c'était ce que j'en pensais. Sans doute parce que je n'avais pas vu de feux d'artifices de près depuis longtemps…

Nous nous sommes mis en route très tôt, sans doute pour avoir des places. Les animateurs portaient des gilets fluorescents, et c'est Kevin qui a pris la tête du rang. Salomée et moi étions devant, et nous avons beaucoup parlé à ce moment également. Je la connaissais à présent très bien, et inversement, elle savait beaucoup de moi. C'était étrange de se dire qu'on se connaissait depuis à peine… trois jours ? Même pas ! Et pourtant, on s'était tellement rapprochée… Ça ne m'étais jamais arrivée. Je préférais patienter un peu avant de me confier aux gens. Pourtant, avec elle, le courant est passé tout de suite, et j'étais très à l'aise avec elle.
Nous sommes enfin arrivés au bord de la rivière d'où seraient tirés les feux d'artifices. Cependant, ceux-ci ne commenceraient qu'à onze heures, et il était loin d'être l'heure.
Les animateurs nous ont divisé en deux équipes, et nous avons entamé un Times Up. Au départ, nous étions censés joué l'une contre l'autre, mais ce fut rapidement le bordel et nous jouions seulement pour le plaisir de jouer, ce qui était je pense bien mieux.
Ainsi, tant le tumulte des mots, nous avons par exemple trouvé tous en cœur Nicolas Sarkozy aux simples indices de « président » et « petit » ainsi que Pikachu à seulement « Pokemon ». On dirait que les autres ne savaient pas que il y avait des Pokemons bien plus classes, comme Rayquaza ! Faire deviner Barbie fut plus complexe, ainsi que certains autres que presque personnes ne connaissaient - vive la culture générale ! - mais nous ne nous en sommes pas trop mal sortie, au final.
Quand le jeu fut finit, nous nous sommes assis pour attendre encore un bon bout de temps. Pour passer le temps, je me suis mise à fredonner :

Oh Macumba, Macumba,
Elle danse tous les soirs
Pour les dockers du port
Qui ne pensent qu´à boire,
Au Macumba, Macumba,
Elle danse tous les soirs
Pour des marins largués
Qui cherchent la bagarre,
Oh Macumba.


A ma grande surprise, Salomée repris l'air avec moi. Coïncidence ? Je me mis à tenter du Goldman, puis d'autres chansons courantes des années 80, qu'elle connaissait tous. Ah son tour, elle se mis à chantonner deux trois choses, qui rentraient dans mon répertoire.
Ainsi, nous nous sommes mises rapidement à entonner à tue-tête les grands classiques des bonnes années, les meilleures du répertoire de Goldman, Balavoine, Cabrel, Cloclo… J'ai essayé de l'amener sur Try Yan, mais elle ne connaissait pas. Cependant, Thibaut, un garçon qui portait toujours le même chapeau les connaissait, ainsi que certaines autres personnes pour les plus grands classiques.
Puis Kevin s'est approché en chantant Allumer le feu, et bientôt, nous avons commencé à chanter le plus fort possible le refrain :

Allumer le feu
Allumer le feu
Et faire danser les diables et les dieux
Allumer le feu
Allumer le feu
Et voir grandir la flamme dans vos yeux


Nous sommes également passer sur Nuit de Folie -l'incontournable !- avant de revenir plusieurs fois sur celles qu'on avait déjà chanter. Puis Kevin se mis à chantonner, les paroles sous les yeux :

Bonjour les enfants, c'est l'ami Rémi avec vous, et nous allons faire une chanson qui s'appelle : « La Ferme »
1, 2, 1, 2, 3, 4
C'est l'introduction…
D'abord il y a Hector le castor, et Edouard le canard,
Et José le sanglier, et Charlotte la marmotte.
Et Mireille l'abeille, et Léon le frelon,
Et Fédor le porc, et Tonio le blaireau.
Ils se réunissent et décident d'aller chercher des amis pour se rendre à leur rendez-vous. Ils rencontrent…


Bien sûr, à partir de ce moment, on a commencé à décrocher en chantant d'autres chansons plus… intelligentes ? Intéressantes ? Après avoir finit sa chanson, il s'est exclamé :
- Et vous connaissez Ilona  ?
Rapidement, les fameuses paroles qui ne nous lâchaient pas sommes rentrées dans nos têtes. Puis, lassés, nous sommes repartis sur les chansons dans un style un peu plus étrange, comme Chanson à boire de Try Yan :
L'eau ne fait rien
Que pourrir le poumon
Bout bout bout, bout compagnon
Vide nous ce verre et nous le remplirons.


Les regards amusés des spectateurs ne nous lâchaient pas.
Pendant que je chantais, je me suis rendue compte que je n'étais pas comme d'habitude. Les gens pensaient que j'étais timide et réservée… Pourtant, à cet instant, j'étais tout sauf timide. Normalement, je n'aurais jamais osé chanter si fort avec tant de monde à côté, mais là, ça ne me dérangeais pas. Était-ce parce que j'étais avec des gens qui me ressemblaient ? Peut être qu'au fond, c'était mon comportement habituel… Et même quand Kevin essaya de casser l'ambiance avec Libérée, Délivrée, chanson qui allait finir par me faire vomir d'écœurement à force de l'entendre encore et encore, ça n'entama pas ma bonne humeur.
Quelques minutes plus tard, nous nous sommes tus. Les feux d'artifices commencèrent à embraser le firmament, et répandit dans le ciel nocturne ses belles couleurs. C'était magnifique. Nous avons continuer à chanter un petit peu, avant de se stopper. Je crois que je n'avais jamais été aussi heureuse un jour de quatorze juillet.

Jour 4

Mercredi 15 juillet 2015

Aujourd'hui, c'était censé être grasse mat', comme nous nous étions couchés à plus de minuit hier soir. Cependant, je me suis réveillée vers 7h, comme d'habitude. La vérité était que je m'endormais rarement avant minuit ou une heure du matin, donc ça revenait au même pour moi.
Ce matin, après le petit-déjeuné, alors que nous attendions le début des activités dans le foyer, je me suis rendue compte que certains garçons nous parlaient. Nous passions du temps ensemble, comme des amis. Cela me réchauffait le cœur, de voir que nous nous intégrions déjà au bout de seulement quatre jours. En faites, j'avais eu peur de devoir passer le reste de la colo seulement avec Salomée, mais ce n'est pas arrivée. Heureusement.
Bref, alors que nous jouions au baby-foot, d'autres personnes ont commencé à jouer avec nous. C'était assez agréable, je l'avoue.

Quelques minutes plus tard, nous étions sur un banc, à attendre que les ateliers commencent. Déjà, nous sommes allés en Java avec Laurine. Nous étions aux même places qu'hier, avec Yaël et Salomée à ma droite et à ma gauche, et nous avons commencé à voir d'autres boucles : while et do while, ainsi que la for un petit peu. Du coup, j'ai amélioré mon questionnaire, en rajoutant quelques questions et paramètres (toujours aussi idiots… mais c'était plutôt marrant). Je me suis sentie obligé de corriger les fautes d'orthographes de Salomée, très nombreuses, pendant que Yaël corrigeait les miennes – l'orthographe, c'est pas mon truc, mais je me débrouillais déjà mieux. Plus ça allait plus j'aimais programmer. C'était… je ne sais pas comment dire. En faites, je ne saurais dire comment je ressentais tout ça, le codage, la programmation, l'informatique en général. C'était tellement fantastique. Ça a l'air bizarre pour ceux qui ne connaissent pas, d'adorer écrire des lignes de codes qui exécutent des truc un peu débile parfois, mais moi j'aimais ça. Et je ne comptais pas changer mes goût pour le plaisir de ceux qui ne comprennent pas qu'on peut ne pas aimer parler sans cesse de foot, de mode et d'autres trucs bien plus populaires.
A côté de moi, Yaël surpassait comme d'habitude tout le monde en matière de programme. Il avait réussi à mettre un point grâce à la boucle for un programme qui épelait le mot qu'on rentrait. En faites, maintenant que j'écris, je me dis que ce n'est pas si dur que ça, qu'avec une simple incrémentation sur la boucle en utilisant des variables de caractères (Char) on pouvait s'en sortir. Bien sûr, il faut encore trouver comment passer de lettre en lettre, et là, je n'ai pas envie d'y réfléchir. J'ai envie de te raconter ma journée, comme je l'ai fait pour les précédentes.
Salomée, elle, continuait tranquillement son petit bonhomme de chemin, avec son questionnaire tout aussi ridicule que le mien. Heureusement que je lui avais corrigé ses fautes, parce que avant, ça ressemblait à l'œuvre d'un kikoo. Tu sais, les kikoo, les pollueurs d'internet, à qui on devrait faire avaler un dictionnaire et leur interdire toute utilisation d'ordinateur avant qu'ils n'aient pris un bon repas et des vacances avec une prof de français ? Quels plaies, ces trucs là… Et bien Salomée écrivait exactement comme eux (bon, quand même un peu mieux), avec pleins de points d’exclamation et des formulations assez rudimentaire. Je savais qu'elle pouvait écrire mieux, je l'avais déjà vu à l'œuvre - elle m'avait lu le début de sa lettre à sa grand-mère – et cette manière de faire m’horripilait comme pas possible. Je déteste les kikoos, qui pourrissent la vie sur les forums de RPG que je fréquente, et rien que de voir quelqu'un qui écrit comme eux m’insupporte, c'est ce qui m'a poussé à l'aider avec son orthographe alors que je déteste ça et que je ne suis moi même pas une championne, au contraire. J'imagine que tu as déjà du repérer pleins de fautes dans mon texte…
Ensuite, ce fut le HTML. J'ai continué à rassembler des infos, en m'orientant cette fois totalement vers le Roi Lion. Le plus dur était de trouver les traductions, car elle n'était généralement pas exacte où ne voulait strictement rien dire (vive Google Traduction ! Ils devraient mettre un avertissements sur ce truc là, regardez ce que ça donne) et j'ai du traduire deux morceaux moi même. Sinon, pour les autres, je me suis débrouillée. J'avais trouvé une bonne partie des chansons quand ce fut là fin. Yaël, lui, faisait quelque chose sur le développement. Il avait copié/collé Wikipédia, chose qui m'horripilait beaucoup. Ce site était un ramassis d'informations douteuses sûrement incomplètes et qui devaient être en partie fausses, dont les « donateurs » avaient le don pour donner tout ce qui était incompréhensible et ne servait à rien en oubliant l'essentiel. C'était terriblement frustrant. Cependant, je comprenais bien que le contenue n'avait en soit pas beaucoup d'importance, c'était le fait d'apprendre le fonctionnement qui comptait, puisque de toute façon ce ne serait qu'un site local qu'on ne pouvait voir sur internet qu'avec la clef USB où le disque dur où il était stocké. Salomée, quand a elle, a commencé un truc totalement inédit. Elle a écrit une histoire. Apparemment, c'était l'histoire d'un petit tigre blanc qui cherchait son prénom et qui était aidé dans sa quête par des tas d'amis, sauf qu'il y avait des méchants en face qui ne voulait pas qu'il retrouve son prénom – pour des motivations très mystérieuse. Qu'est-ce que ça leur fait qu'il veuille savoir son prénom, hein ? A moins qu'ils veulent juste énerver le monde – et cela fait une histoire assez étrange écrit en mode kikoo également, juste pour s'amuser. C'était assez marrant en faites, cette histoire ridicule.

A midi, lorsqu'il fut le temps de manger, pas mal d'animateurs se sont mis à côté de Salomée et moi, une nouvelle preuve de notre solitude qui malgré le faites que nous nous sommes rapprochées de quelques garçons était toujours bien présente. Du coup, on avait l'impression que c'était nous qui nous étions incrustée à leur table alors que nous étions bien arrivées en première.
Il y avait des avantages à ça. En entendant leur conversation, nous avons su que nous allions au cinéma cette après-midi. En faites, c'était déjà une grosse rumeur qui avait été confirmée de source sûre plusieurs fois mais là nous savions les films qui seront au programme, à savoir soit Les Minions soit Vice Versa. Avec Salomée, nous nous sommes mises d'accord : ce serait Vice-Versa. Il paraît qu'il est génial, remporte de supers notes sur les sites où il est jugé, puis n'oublions pas que Disney est fort pour ce genre d'histoire. Très fort. De plus, pour avoir regardé Moi moche et méchant 2, je savais que l'humour de ce dessin-animé – ou plutôt film d'animation – est un peu léger voir carrément lourd. Nous étions donc totalement d'accord sur ce point.

Après mangé, les animateurs ont expliqué de quoi sera composé l'après-midi. Déjà, il y avait le cinéma comme on l'avait entendu à table, et puis on serait libre de faire un peu de shopping en ville, ainsi ils emporteraient les argents de poche. Ceux qui avaient le leur pouvaient le prendre, mais me concernant, c'était eux qui l'avaient, donc je n'avais pas à m'en occuper. Ne pas m'occuper des choses me reposait et me stressait en même temps. Me reposait parce que je n'avais rien à faire, me stressait car je ne pouvais pas veiller sur tout. C'était sûrement parce que en cours, on m'avait lâché un tel nombre de fois que j'en étais presque traumatisée…
Ils ont demandés que ceux qui voulait regarder Vice Versa se rangent à gauche et ceux qui voulaient regarder Les Minions se rangent à droite. Ceux qui voulait voir ce dernier étaient très nombreux, voir carrément tout le monde, alors qu'il n'y avait que quatre où cinq personnes qui se mirent à gauche en plus de Salomée et moi. Ce n'était pas bien grave, je savais que ce ne serait pas à la majorité et que tout le monde regarderait le film qu'il veut. De plus, cela ne me gênais pas qu'on soit moins nombreux, c'était presque mieux parce qu'on était plus tranquille.

Nous nous sommes dont mis en marche. C'était beaucoup moins long qu'hier soir où le trajet avait beaucoup duré, mais dans les deux cas, je n'ai pas vu le temps passer, trop occupée à parler avec les autres. Il m'a semblé que nous étions devant le cinéma seulement au bout d'une ou deux minutes, alors que cela avait durer beaucoup plus de temps, environ une demi-heure je pense. Mais je n'ai vraiment pas vu le temps passer.
Nous avons attendu pas mal de temps devant le cinéma qui n'était pas ouvert avant de pouvoir entrer. A l'intérieur, un homme passait quelques coups de balais en nous observant du coin de l'œil. Moi, je regardais les affiches des films du moment. Il y en avait un sur Le Petit Prince, un livre que j'avais lu en sixième et que j'avais vraiment adoré, contre l'avis de sûrement tous les autres personne de cette classe. Ils l'avaient trouvé barbant, nul et bizarre. Mais moi, j'aimais ses messages cachés, le double sens des aventures du Petit Prince et la façon dont l'histoire était racontée, comme de la plume d'un enfant, au final, ces histoires de planète. Il n'y avait pas moins de deux affiches des Minions. Ils portaient des slogans tel que «Gru n'était pas leur premier méchant... », ce genre de choses. Rien que sur ces trucs, on pouvait deviner l'histoire : Avant de rencontrer Gru, ils avaient été au service d'une autre méchante, Scarlette selon les inscriptions. Ils faisait pleins de bêtises et de trucs idiots qui faisaient bien rire, et c’était le gros du scénario.
Celle de Vive Versa était plus petite et plus discrète, sur la porte transparente de l'entrée du cinéma. Elle représentait la silhouette de la tête d'une petite fille, comme une ombre, et à l'endroit où devrait être le cerveau, on apercevait cinq petits personnages qui ressemblait à des hommes et affichaient chacun une tête différente, représentant sans doute des émotions. J'étais impatiente de connaître cette histoire, qui devait être bien plus intéressante que celle des Minions. Avec Salomée, on avait parlé, et elle m'avait dit que son amie avait vu ce film et qu'elle avait pleuré devant. Tu sais sans doute, mon chère journal, que devant un film où un livre, je pleurs souvent. C'était comme si je ressentais au plus profond de mon âme les émotions des personnages et qu'elles agissaient en moi comme en eux. C'était un peu pénible parfois, mais au moins ça voulait dire que l'écrivain où quel que soit la personne qui avait provoqué l'émotion avait très bien fait son boulot. Salomée m'a avoué qu'elle était comme moi, voir pire… Elle m'a avoué avoir déjà pleuré pour une chanson, ce que je n'avais jamais fais, par contre. Nous avons parlé de nos expériences communes en matière de sangloter comme une idiote devant quelque chose, ce qui nous était souvent arrivée. Le pire était de le faire devant un livre. On avait l'air idiot à pleurer en tenant les pages et en continuant à lire. Pauvre de nous, pleureuses professionnelles…
Le cinéma ne tarda pas à ouvrir, et nous nous séparâmes en deux groupes. Les « Vive Versa » étaient avec JB, les « Minions » avec les autres animateurs. Notre – petite - salle était vide quand nous sommes arrivés, ainsi nous avons pu choisir les meilleurs places, pas tpro à l'avant et pas trop à l'arrière. J'étais à côté de Salomée. Au moins, nous avions des lunettes 3D, personne ne le verrait quand je pleurerais – je suis quasiment sûre de le faire, je pleurs dans quasiment tous les films. Après les pages de publicité, nous étions quasiment les seuls, excepté deux ou trois personnes supplémentaires.
Tu demandes ce que raconte le film ? Et bien, je vais essayer de t'expliquer ce qui se passe... Attention aux spoilers, si tu ne veux pas savoir, journal, saute la partie suivante…

Le film commence. On voit un bébé qui vient de naître dans un berceau. Soudain, il y a un zoom sur ses yeux, et on peut voir l'intérieur de son cerveau. C'est une grande salle entièrement vide, excepté un couloir lumineux à l'arrière. Une fille s'avance dans la lumière, elle brille d'un halo doré. Elle marche, et voit deux écrans devant elle, qui correspondent aux deux yeux de la petite. La fille tend la main vers un panneau de contrôle, et appuie sur un bouton. Aussitôt, la nouvelle née se mets à rire, et ses parents s'extasient devant sa joie. De son côté, le personnage à l'intérieur de la tête voit une sphère qui brille d'une aura doré également, roule sur un conduit et se bloque à un endroit. Dans cette sphère transparente, on aperçoit le moment qui vient de se dérouler, comme un souvenir gardé à jamais. La fille s'exclame : -Et maintenant, c'est seulement nous deux, toi et moi, Riley . Cependant, quelqu'un d'autre surgit d'un coin sombre. Elle a la peau bleu et un air désespéré : -Salut, moi c'est Tristesse. Ensuite, on voit Riley à… deux, trois ans environ ? Elle court en tenant un jouet par la main. La fille du début, en voix off, se présente : Elle s'appelle Joie, et elle permet à celle qu'elle contrôle d'être heureuse. A l'extérieur, on voit la petite foncé vers un cordon. Aussitôt, un autre personnage tout violet surgit et avec le panneau de contrôle, fait passer doucement la fillette. Joie explique qu'il s'appelle Peur, et que grâce à lui, elle était en sécurité. Ensuite, c'est l'heure du repas : des brocolis. Alors, une quatrième émotions à la peau verte s'avance à nouveau, et Riley refuse de manger. Joie nous dit que c'est Dégoût, et qu'elle empêche l'enfant de s'intoxiquer, physiquement comme psychologiquement. Puis, elle nous présente Colère, qui l'empêche de se faire marcher sur les pieds. Et c'est avec colère que Riley balança son assiette de brocolis sur la tête de ses parents. Enfin, elle dit qu'elle ne comprends pas bien l'utilité de Tristesse… qui la rendait seulement triste. Toujours en voix off, elle expliquer que chaque souvenirs est marquée par une de ses émotions (Joie, Tristesse, Peur, Dégoût, Colère) et que la plupart sont joyeux, grâce à elle. Les plus importants (tous des joyeux à vont dans la mémoire centrale, et forgent sa personnalité. Chacune des faces de cette dernière sont représentés par une île, relié à la tour centrale pour un pont lumineux sous lequel s'étend le gouffre de l'oublie. Chez Riley, il y a celle des Bêtises, celle du Hockey, celle de l'Amitié, celle de l’Honnêteté et celle de la Famille. Quand aux autres souvenirs, ils rejoignent la mémoire à long terme, une immense bibliothèque à l'extérieur de la salle centrale, positionnés entre chaque île. Sauf qu'un jour, Riley devenue presque adolescente, déménage dans une autre ville. Sa nouvelle maison n'est pas terrible voir carrément moche. De plus, le camion de déménagement n'est pas encore arrivé, et ils sont sans meubles pour un bon bout de temps. Heureusement, Joie reprend les choses en main, et la fait jouer avec ses parents. Mais demain, celle qu'elle protège entrera dans sa nouvelle classe… pour l'occasion, elle demande à Tristesse de ne pas bouger et de ne toucher à rien. Cependant, alors que Riley se présentait, la pauvre émotion se met à toucher au panneau de contrôle, pour donner un souvenir triste, qui se mis à rejoindre la mémoire centrale. Horrifiée, Joie tente de le récupérer, mais Tristesse l'en empêche car c'est un souvenir important. Dans la cohue, touts les souvenirs de la mémoire centrale sortent de leur emplacement et roule dans un tuyau qui mène à l'extérieur. Tentant de les récupérer, Joie et Tristesse sont toutes les deux transportées à l'extérieur avec eux. Aussitôt, les deux émotions tentent de regagner la tour centrale : cependant, la perte de la mémoire centrale à détruit la personnalité de Riley, et les îles qui permettent de la rejoindre se détruisent une à une. En essayant de rallier la salle, les deux compagnes croisent plusieurs personnages : les deux « videurs » qui prenaient des vieux souvenirs pour les jeter dans le gouffre de l'oublie, et en faisaient remonter d'autre qui reviennent à la mémoire de l'adolescente, les faiseurs de rêve, ainsi que l'ami d'enfance imaginaire de la jeune fille, qu'elle avait quasiment oublié, ainsi que touts leurs jeux. Il décida de les accompagnés, en leur indiquant d’abord un train qui n'arriva jamais à destination, puis un tuyau qui servait aux souvenirs. Mais alors qu'elle grimpait grâce au tuyau en abandonnant Tristesse, celui-ci céda et elle fut projeté avec le meilleur ami d'enfance d'Ashley dans le gouffre de l'oubli. Pendant ce temps, dans le monde réel, la situation était critique. La personnalité de l'ado s'effondrant, elle n'avait plus le goût de vivre. Ses parents la reconnaissaient à peine. Elle perdit ainsi les Bêtises, l'Amitié et le Hockey. Puis Colère pris une décision : il fit fuguer sa protégée, pour qu'elle retourne à son ancienne maison. Ainsi, elle perdit l'Honnêteté et la Famille. Elle sombrait dans le malheur, et enfin elle passa à l'acte en prenant un ticket de bus. De son côté, Joie était désespérée. On ne pouvais pas sortir du gouffre de l'oublie, et les souvenirs importants qui avaient chuté avec elle allait peut à peut s'effacer, pour être oublier à jamais de la jeune fille. En observant les souvenirs et en tentant de les empêcher de se dissiper, elle remarqua que certains des meilleurs avaient une teinte bleue et ne devenait doré qu'après. Ainsi, elle compris que c'était grâce à Tristesse et aux larmes qu'on pouvait être vraiment heureux. Mais cela n'allait pas l'aider à remonter. Cependant, l'émotion remarqua une vielle charrette abandonnée sur une pile de déchets. Elle se souvenu de ce chariot dans lequel Riley s'asseyait avec son meilleur ami imaginaire, et ils chantaient une chanson qui faisait décollé le chariot jusqu'à la Lune. Accompagné de l'ami en question, elle se mis à chanter, et au bout de quelques essaies, parvint à en sortit. Cependant, son compagnon tomba de l'embarcation et l'ancien meilleur ami de l'adolescente resta là, au fond du gouffre, emporté par la puissance de l'endroit, oublié à jamais de celle avec qui il avait tant joué et voyagé… en pensée. Joie parvint finalement à regagner la tour. Elle demanda à Tristesse de remettre les souvenirs en place, et la peine d'avoir quitter tout ça fit changer Riley d'avis, et elle descendit du bus pour rentrer chez elle. Là, en évoquant le passé, elle avoua à ses parents qu'elle voudrait rentrer à la maison. A la fin du film, on voit que l'adolescente s'était fait une place dans sa nouvelle ville. Elle avait rejoint l'équipe de hockey locale, et s'était fait des amis. A l'intérieur de son corps, tout avait changé aussi. Des îles de personnalités supplémentaires s'étaient rajouté, et le tableau de commence amélioré, avec notamment un bouton d'alerte nommé « puberté » dont les émotions ignorent le sens… pour l'instant. Bref, tout est bien qui finit bien.

Voilà. Je sais, je suis nulle pour les résumés, mais au moins c'est précis. Je te laisse deviner les moments où j'ai pleuré… Tout le monde a verser au moins quelques larmes, de toute manière. Puis nous avions des lunettes de soleil. Ni vu ni connu !
Nous avons retrouvé les autres à la sortie du cinéma, avant de se diviser en groupe de quatre ou cinq pour le shopping. Nous avons commencé par rentrer dans une boutique de souvenirs, où j'ai sacrifié dix-huit de mes vingts euros pour acheter un cadeau à mon petit frère, un chevalier monté sur son cheval. Qu'on ne me dise pas que je ne suis pas gentille avec lui, hein ! Ensuite, nous sommes allés dans une boulangerie. On a tous – ou presque – pris des granités, Salomée m'a aidé à compléter pour avoir assez d'argent. Nous avons pris toutes les deux la même chose, un mixe citron/framboise, délicieux. Gérôme en a pris hein aussi, nous avons tous mangé ensemble à une table. Je me souviens qu'à cause de la framboise, Salomée avait les dents et les lèvres toutes rouges ! Je les avais aussi, mais un coup de langue et c’est essuyé… quand les autres ont remarqué, j'avais déjà presque tout effacé. Après le shopping, nous sommes rentrés au lycée. Une fois là-bas, nous avons décidé d'aller en salle informatique en temps libre.
Cette fois, nous sommes allées dans la belle salle informatique, la troisième, celle qui jouxtait la salle qui avait les chaises grinçantes. Nous nous sommes mis aux premières chaises juste devant la porte vitrée qui menait à la deuxième. Au début, nous avons toutes les deux continué notre projet HTML, puis Salomée a joué à un jeu, Agar.io, qui consistait à être une boule de couleurs qui doit manger des petits points pour grossir et finir par pouvoir manger d'autres boules de couleurs. Un petit peu idiot, mais marrant. J'ai fait une ou deux parties, avant de retourner à mon Roi Lion. Tout se passait bien jusqu'à que Noé, un pauvre idiot, se la ramène. Nous parlions de… je ne sais plus trop quoi, quand il a lâché un :
- Mais vous savez, ceux qui se suicide, ce sont ceux qui n'aiment pas leur entourage et qui n'ont plus d'amis.
Je me suis tendue. Ce genre de sujet me gênait un peu pour des raison personnelle, et puis Salomée à commencé à se lever, les yeux pleins de larmes. Je me suis souvenue qu'elle m'avait parlé de son amie, Emma… qui s'était pendu il y a quelques mois. Je l'ai forcé à se rasseoir, en lui disant qu'il n'en valait pas la peine. Elle a repris le jeu, mais sa tristesse était évidente.
Au moment du dîner, elle m'a expliqué qu'Emma était sa deuxième meilleure amie, et qu'elle tenait beaucoup à elle. Je ne savais pas trop quoi dire, alors je lui ai parlé de mon amie qui avait tenté de se suicider. C'était une des deux raisons pour laquelle le sujet ne me plaisait pas. La deuxième reposait sur une confidence d'une amie, alors je ne te dirais rien, mon journal. C'est un secret, après tout.
Et c'est alors que nous parlions gravement que Kevin a débarqué pour s'installer à côté de nous. Ça, Lucas l'avait déjà fait. Mais notre sujet précédent avait fait que nous nous sommes tues, et ça a mis un gros vent. L'air un peu gêné, il a dit :
- Vous me dites si je dérange, hein…
Salomée a rétorqué :
- Non non, ça a égayé la conversation au moins…
Ensuite, Laurine, Lucas et Thomas se sont mis à côté de nous également. C'était presque gênant, comme si c'était nous qui avions squatté la table des animateurs, alors que c'était l'inverse. On a commencé à parlé de nos premières expériences sur les ordinateurs, qui étaient assez diverses jusqu'à que Lucas lâche : - Moi je jouais à Adibou… Et à nous de répondre en cœur :
- Adibou !
Nous avons commencé à parlé du petit personnage, qu'apparemment on a tous connu. D'un autre côté, Adibou, c'est culte… Je me suis souvenue de mon obsession pour les fleurs, que j'aimais planter bien rangé un ligne comme les légumes, sauf que certaines poussaient toutes seules n'importe où ! Ça avait le don de m'énerver profondément, quand j'y jouais. J'avais tellement adoré ce jeu… je passais mon temps dessus, dés que je pouvais. Je cultivais les légumes (bien en colonne, j'adorais ça) je faisais poussé des fleurs, et surtout, je cuisinais, autant de jolis gâteaux que d'atrocités qui ressemblaient à rien, qu'on donnait à manger au monstre orange avec le nom bizarre, qui devenait tout rouge et se mettait presque à vomir. Bref, c'était plutôt marrant.
Après le dîner, nous sommes allées nous brosser les dents avant de revenir au foyer, en attendant la veillée. J'ai vu Kevin dans la salle à manger qu'on utilisait pas qui était à côté de là où je me trouvais, qu'on pouvait apercevoir par la vitre transparente . Il était habillé en présentateur, et portait même un nœud papillon rouge pétant. Il semblait attendre que ce soit l'heure de la veillée, qui m'intriguait de plus en plus. Qu'est-ce que ça pouvait bien être, au juste ?
Soudain, il passa la porte qui reliait les deux salles et s'exclama :
- Alors, qu'en pensez vous : Qu'est-ce qui est le mieux entre une cravate et un nœud papillon ?
Les arguments se mirent à fuser. J'ai fait remarqué, avec Salommée que c'était plus facile d'étrangler quelqu'un avec une cravate, donc si on tenait à la vie, mieux valait éviter. On m'a regardé bizarrement.
Ensuite, il a annoncé que ce serait une veillée débat. Plutôt intéressant. Nous sommes sortis sur le terrain de basket, et on nous a demandé de nous mettre en équipe. Là, ce fut un problème, parce que nous devenions populaire, et il y avait de quoi en former deux autour de nous. Au final, on s'est coupé en deux. La notre s'est appelée « les verts » (hommage à l'AS Saint-Étienne, l'équipe préférée de Salomée et moi) et les autres « les exilés », on se demande pourquoi. Comme autre équipe, il y avait aussi « les bananas » et « les hackers ». On nous a expliqué les règles : une équipe en affrontait une autre, en défendant une idée chacun. La victoire se jouait à l'applaudimètre. Les animateurs faisaient les jurys, ils avaient des affiches avec des inscriptions tels que « Top ! », « Je te veux ! » , « Prends ça ouaich magueul » ou encore « Mais faites sortir cet individu » et « J'en pleurs carrément ».
Le premier duo s'est joué entre les Bananas et les Hackeurs. Dans les Bananas, il y avait Thibaut, un de nos amis, et Salomée et moi nous sommes mis à l'acclamé :
- Chapeau man ! Chapeau man !
Surnom donné en honneur de son chapeau qu'il ne quittait pas. Les Bananas devaient défendre Mac, et les Hackeur les PC, mais ils sont rapidement parti sur Windows (fatal error. Windows c'est trop facile à stailler) et au final, c'est Mac qui a gagné. Ensuite, il y a eu appartement contre maison, qui s'est soldé par une égalité, et enfin ce fut notre tour. C'était nous qui crions le plus, en particulier Salomée et moi, et Kevin nous a définit comme une équipe « qui a de la voix ». Pas faux. Nous jouions contre les Bananas, dans un duel Coca contre Pepsi. Nous avions Pepsi.
En face, ils nous ont dit que Pepsi était une pale imitation du Coca. Nous, nous avions des arguments plus… comment dire ? Du style, « Pepsi ça donne du peps ! », ce genre de truc. Puis nous avons également évoqué touts les problèmes de santé que causait le Coca, en se taisant sur ceux provoqués par l'autre… Au final, nos efforts ont payé, et nous avons remporté la partie.
Ensuite, ce fut le débat Ketchup contre Mayonnaise. Les deux équipes étaient… nulles. On s’ennuyait comme des dingues, c'était horrible. Au final, à force de bailler, Thomas à dessiner une affiche « La moutarde, c'est mieux ! », et il n'avait pas tort. Lors de l’applaudimètre, personne n'a rien fait ou presque, mais quand il a brandit son affiche, on a tous hurlé comme des dingues. La moutarde avait gagné.
Ensuite, ce fut le dernier duel, le notre : Ce serait piscine contre lac, et nous avions lac.
Aussitôt, ils ont commencé à avancé l'argument du froid, que nous avons contré en leur demandant comme ils faisaient pour faire de la planche à voile dans leur pistoche. Puis bien sûr, l'argument qui tue : « Comme dirais sardou, autout des lacs, c'est pour les vivants. Vive les lacs du Connemara ! », une référence à sa chanson Les Lacs du Connemara. A ces mots, Laurine à dessiné une affiche « I ♥ Sardou ! » Puis, alors que Thomas ressortait son désormais célèbre « La moutarde, c'est mieux ! », j'ai fait remarqué qu'on pouvait parfaitement se faire un bon pique-nique avec de la moutarde autour d'un lac, chose impossible vers une piscine. Ce fut l'argument décisif : Nous avons gagné largement, sans même être menacé par l'équipe adverse.
On a vraiment eut chaud. Piqués comme nous étions, ils leur suffisaient de prononcer le mot « moustiques» pour nous achever définitivement.
Au final, nous étions donc les grands gagnants du jeu – d'un autre côté, comment perdre quand on s'appelle les verts puisque ce sont des vainqueurs par définition – et également les plus sages, ainsi nous avons pu rentrer en premier. Quand nous étions dans les chambres, il y avait encore deux groupes assis dans l'herbe et dévorés par les moustiques, et même quand on s'est couché, il restait deux personnes. J'ai reconnu Paul, mais je ne savais pas qui était l'autre, et je m'en fichais.
Fatiguée, je me suis endormi assez rapidement. Je ne le savais pas encore, mais maintenant, à l'heure où j'écris, je crois que ce fut un des meilleurs jours de ma colonie, voir le meilleur. A égalité avec la boom, mais ça, c'est une autre histoire.

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